Mini, c’est fini !

Mini, c’est fini !

Pardon si je vous ai mis du Hervé Vilard en tête mais l’heure est grave! Je dois me rendre à l’évidence: je n’ai plus qu’une seule mini, la blonde.

Où est passé l’autre? Et bien, je pense que ma brune est passée du côté obscur, du côté de la pré-adolescence, au grand dam de ma santé mentale. 

Certes, cette demoiselle a toujours eu un sacré caractère. Je revois son regard sombre quand on l’a déposée contre moi en salle d’accouchement; c’est le même que celui qu’elle m’adresse maintenant quand je la « contrarie » (entendez: quand je lui dis non avec une bonne raison).

Ma grande brune est comme ça: entière, ultra-sensible, ultra-exigeante, consciente de ce qu’elle veut et capable de se faire entendre. Mais jusqu’ici, tout ça était englobé dans une couche d’enfance qui a entretenu l’illusion que j’avais le temps avant l’arrivée de l’adolescence.

FATALE ERREUR


Ho, les premiers signes étaient discrets: Shakira et Angèle qui remplacent Elsa et Vaiana, une attention toute particulière pour les vêtements et les bijoux, une curiosité plus grande envers le monde qui l’entoure, l’envie de passer plus de temps avec ses amis-pour-la-vie.

Formidable, me disais-je, ma petite chérie grandit.

Mwahahahaha. J’étais si naïve ! Car c’était sans compter le reste…

Les yeux qui roulent.

Les soupirs excédés.

Cet air agacé pour tout et pour rien.

Et puis le fameux « T’es nulle, tu comprends rien ! » (Ou plutôt T’ES NULLE, TU COMPRENDS RIEN !) suivi par un repli stratégique dans sa chambre et par une lettre de menaces en bonne et due forme.

Vous sentez l’agacement de la pré ado ?

Heu, ça dure longtemps ?

J’ai beau savoir que c’est normal, que ça fait partie de sa construction, qu’elle grandit… ça me rend folle quand même !

Je voudrais tant rester patiente et lâcher prise (parce que ce n’est que le début et ça ne risque pas de s’améliorer tout de suite) mais PUTAIN, j’ai parfois envie de l’accrocher au porte-manteaux et de la bâillonner !

Mais malgré tout ça, je suis rassurée de constater qu’elle n’oublie pas l’essentiel: peu importent les disputes et les yeux noirs, les cris et les tempêtes. L’important c’est de s’aimer, de savoir s’excuser et pardonner.

Le reste, bein, on a une poignée d’années pour s’y faire. 😁

Merci Saint-Nicolas

Merci Saint-Nicolas

Les souvenirs d’enfants sont parfois flous. Notre mémoire nous joue des tours, mélangeant les dates et les lieux, les moments réellement vécus et les histoires racontées par d’autres. Mais certains sont tellement vifs qu’on sait qu’ils sont réels.  Comme ma première Saint-Nicolas. 

En décembre 1989, du haut de mes 8 ans et demi, j’ai découvert que l’hiver des enfants de Belgique était illuminé d’un évènement de la plus haute importance: la Saint-Nicolas.

C’est cette année-là que j’ai entendu pour la première fois l’histoire terrifiante de ces trois enfants, découpés et cachés dans le saloir jusqu’à l’arrivée providentielle du Grand Saint. C’est durant cet hiver là également que j’ai reçu mes premières friandises de Saint-Nicolas – mandarine, speculoos, du massepain et une figurine en chocolat – juste après avoir assisté à un spectacle des marionettes de Toone.   

Des souvenirs très marquants mais pas autant que celui du 6 décembre lui-même. 

En arrivant en Belgique, maman et moi logions dans une petite chambre, dans un bâtiment communautaire. Son travail lui imposait de partir tôt et rentrer tard et je me rendais et revenais seule de l’école.

Ce 6 décembre 1989, j’ai découvert en rentrant qu’une boite était cachée sous les couvertures de mon lit. Cette boîte renfermait un cadeau que je n’aurais jamais imaginé recevoir: la voiture décapotable rouge de Barbie. Le rêve ultime pour la petite fille que j’étais, fan absolue des poupées du même nom. 

Et là, j’ai su immédiatement, au plus profond de mon cœur, que ça ne pouvait qu’être que Lui. Qui d’autre que le Grand-Saint pouvait savoir que je m’endormais chaque soir dans cette chambre misérable en rêvant de ce jouet? Qui d’autre que lui aurait pu pénétrer dans le bâtiment, dans l’appartement, dans la petite pièce dont seules maman et moi avions la clé? Qui d’autre que Saint-Nicolas pouvait se permettre de m’offrir ce cadeau luxueux? 

Je le savais en décembre 1989 et j’en suis toujours convaincue aujourd’hui: Saint-Nicolas existe.

Ne vous inquiétez pas pour ma santé mentale! Je sais que ce sont des demandeurs d’emploi ou des intermittents du spectacle payés à la journée qui font le sitting dans les centres commerciaux. Et je sais que c’est ma maman qui s’est débrouillée pour glisser ce cadeau sous mon lit. Mais je continue à l’affirmer: Saint-Nicolas existe bel et bien. Dans l’attente solennelle chez les petits enfants impatients. Dans la surprise et l’émerveillement en découvrant les petits biscuits éparpillés au sol. Dans la  gratitude exprimée par ceux qui hurlent MERCI SAINT-NICOLAS en regardant leurs cadeaux.  

C’est probablement cet évènement fondateur qui me rend tellement impatiente de voir arriver le 6 décembre, encore aujourd’hui. Pour le plaisir de gâter mes propres enfants mais aussi pour pouvoir entretenir et propager la magie de Saint-Nicolas. Cette même magie qui a comblé de joie une petite immigrée en plein cœur de l’hiver gris de Belgique.

Et vous, c’est quoi votre plus grand souvenir de Saint-Nicolas? 

Le coeur de l’Enfance

Le coeur de l’Enfance

Embrouillaminis n’a pas été choisi au hasard. Je vous le disais ici, il me fallait un nom qui non seulement reflète ma vie avec mes deux minis demoiselles mais qui soit aussi à mon image: mélangé, bigarré, désordonné. Parmi les mélanges qui déterminent fondamentalement ce que je suis, il y a ma double culture, mêlant le Portugal qui m’a vue naître à la Belgique qui m’a accueillie quelques années plus tard. Poursuivre la lecture de « Le coeur de l’Enfance »