Les photos qui font mal au moral.

Les photos qui font mal au moral.

Le mois dernier, j’ai répondu à l’appel de Letizia G. Photo qui recherchait des modèles pour un shooting urbex. Je sais que ca peut sembler paradoxal d’être complexée ET de vouloir se faire photographier mais moi, ça me fait généralement beaucoup de bien. Et ayant vu le beau travail de Letizia, j’avais envie de participer à une de ses aventures photo. 

Et puis, dimanche dernier, quand j’ai reçu les photos de ce shooting Urbex, j’ai été vraiment frappée par ce que j’ai vu. Comme attendu, le lieu, les compositions, le travail de la photographe sont géniaux. Mais je suis restée totalement sans voix face à moi, mon corps, ce que je dégage. En me voyant, j’ai eu une sorte de dégout, de nausée mentale.   

Je ressemble à ça? 

Je sais que je suis grosse. Mais ce que je vois dans le miroir, dans les selfies est tellement différent de ce que je vois dans des photos de moi en pied! Est-ce que mon regard s’est déformé pour rendre la réalité plus acceptable? Est-ce que l’appareil photo de mon smartphone a des filtres intégrés pour rendre mes selfies plus sympas? Je ne sais pas. Mais le fait est que les photos m’ont fait un choc.

Elles me mettent aussi face à mes propres contradictions… C’est bien sympa de valoriser le « bodypositivity », l’acceptation de soi et toutes ces conneries alors que je ne suis finalement pas capable d’assumer l’image que renvoie mon propre corps. 

Accepter que c’est dur

Je sais que je ne suis pas la seule à vivre ce genre de moments difficiles face à son image. Qu’on soit grosse ou pas d’ailleurs: la détestation de soi ne connaît pas de limite de poids…

Et c’est à chacun, chacune de vous que je voudrais écrire ces mots: on a le droit de pleurer en voyant ces photos qui nous renvoient à ce à quoi on ressemble. On a le droit de vouloir être rassurée (oui, tu ressembles à ça et je t’aime) sans accepter les remontrances (Allez, arrête un peu, ça va quand même!) ou les jugements (T’as qu’à y faire quelque chose si t’es pas contente!).

On a le droit d’être triste et de trouver ça difficile à vivre.

Demain, je vous reparlerai de vêtements grandes tailles, de robes vintage, de s’accepter comme nous sommes. Mais là tout de suite, j’ai décidé de laisser ma tristesse prendre toute la place dont elle a besoin.  

Apprendre la gentillesse à nos enfants

Apprendre la gentillesse à nos enfants

Parmi les magazines que je lis, il n’y a plus que le FLOW que j’achète systématiquement. C’est un magazine qui me convient bien, avec ses articles éclairants et orientés vers la créativité, la pensée positive et le développement personnel. Dans le dernier numéro, un article sur la gentillesse a particulièrement retenu mon attention.

J’ai longtemps eu honte mais voilà – j’en profite pour mon faire mon deuxième coming-out (pardon maman, pardon les amis): je suis une gentille. Une vraie. Mais comme ce n’est pas considéré comme une qualité par tout le monde, ça fait du bien quand des voix s’élèvent pour remettre la gentillesse au goût du jour. Cet article dans le Flow en fait partie mais pas seulement. Récemment, SoFille en avait fait le sujet de sa chronique radio, m’inspirant gratitude et satisfaction.

Toutes ces voix sont libératrices: oui, on peut être gentil.le et le revendiquer! En tant qu’adulte, on peut apprendre à s’affirmer tout en faisant preuve de gentillesse. On peut trouver le juste milieu entre paillasson et hérisson. Mais qu’en est-il de nos enfants? Leur apprend-on à être gentil.le.s et fièr.e.s de l’être?

Mais quelle question! Bien sur qu’on demande à nos enfants d’être gentil.le.s! M’enfin! Suffit de nous entendre, parents, leur répéter d' »être gentil.le.s » comme on leur répète de « ranger »: sans leur donner la moindre idée de ce que ça signifie et de comment y arriver. C’est que nous mêmes utilisons l’injonction pour dire plein de choses différentes…

Et sois bien gentil en classe, Richard-Abdel. 
(Ne te fais pas punir. Ni remarquer. Ni envoyer chez le Directeur.)

Tu seras bien gentille avec ta copine et ses parents, Angélique-Patrick!
(Tu ne te bagarres avec personne, tu ne recraches rien de ce qu’on te propose à manger et tu évites de me mettre la honte.)

Sois gentil.le, va jouer ailleurs!
(Est-ce qu’on peut discuter boire tranquillement entre adultes sans être interrompu.e.s toutes les quatre secondes?)

Fais un effort, sois gentil.le avec ta.tes soeur.s/frère.s!
(JE VOUS EN PRIE, arrêtez de vous disputer pour rien et de me demander d’intervenir dans un conflit plus compliqué à comprendre que celui du Moyen-Orient!)

Et on peut continuer comme ça longtemps…

Trop souvent, les injonctions de gentillesse qu’on donne à nos enfants sont associées au fait d’être calmes, lisses, silencieux.ses, sages, mignon.e.s. Bref, à ressembler à des enfants qui dorment. (Oui, les miennes ne ressemblent à ça que quand elles dorment.) Alors que la gentillesse, c’est tellement plus que ça! Nos marmots auraient tout à gagner à être gentil.le.s. Vraiment.

Elles/Ils apprennent de cette façon qu’on peut offrir du bonheur, simplement et gratuitement, et se sentir fièr.e.s et heureux.se.s en retour. Un bonjour, un sourire, une attention, un peu de temps, un dessin.

Ils /Elles apprennent aussi à être attentif.ve.s à ceux qui les entourent. Accueillir un nouveau, laisser une deuxième chance, connaître avant de juger, pardonner et demander pardon.

Apprendre et découvrir la gentillesse permet aussi à nos marmots de se sentir en sécurité, en confiance. Adultes et enfants ne sont pas là que pour faire du tort les un.e.s aux autres. On peut s’aider, se soutenir. 

Et non, cela ne signifie pas qu’ils/elles vont « se faire dévorer par les méchant.e.s de la cour de récré ». Ni qu’elles/ils doivent faire confiance aveuglément à chaque adulte. Leur sécurité, le respect de leur corps et de leur intégrité doit être une priorité. Mais ce n’est pas incompatible.

De la même façon, leur apprendre à rendre coup pour coup ne va pas « les préparer à la rudesse du monde ». Rien ne préparera jamais un.e enfant aux coups durs que la vie lui réservera. Par contre, on peut lui donner les outils pour se sentir heureux.se et en confiance. On peut lui permettre d’engranger des sensations et des souvenirs positifs. On peut lui apprendre à demander de l’aide puisqu’elle/il a appris à en donner.

On peut lui apprendre à être gentil.le, vraiment gentil.le. Et fièr.e de l’être.

 

 

 

La lettre au fond du tiroir 

Je ne sais pas pourquoi je l’ai conservée. Sûrement à cause de cette mauvaise habitude de tout garder, au cas où. Pourtant, elle ne pouvait servir à rien de bon, cette lettre. Je l’avais même oubliée, à vrai dire. Sauf qu’en faisant un gigantesque rangement par le vide, je l’ai retrouvée, bien cachée au fond du tiroir de la table de nuit.

Je pourrais reconnaître cette écriture entre mille. Pendant des années, elle s’est retrouvée dans mes journaux de classe, dans ses livres de recettes, sur les petits mots utilisés pour communiquer quand le gsm n’existait pas. Une écriture rapide, sans fioritures, difficilement lisible par les non-initiés. Un peu comme ma mère elle-même.  Poursuivre la lecture de « La lettre au fond du tiroir «