Jeux et jouets: faire plaisir sans reproduire les stéréotypes

Comme des milliers d’autres adultes, nous sommes rendues ce week-end dans un grand magasin de jouets pour remplir la hotte du Père Noël. (Pour ceux et celles qui s’inquièteraient pour notre santé mentale, je vous rassure: nous y sommes allées sans les minis. C’est que nous sommes courageuses mais pas intrépides). Et il faut bien avouer que quand on est sensible à la question des jouets genrés et des stéréotypes imposés aux filles et aux garçons, ce genre de magasin est une horreur pour le cœur et les yeux. Alternance de rayons roses et de rayons camions, boîtes de vernis à ongles et de maquillage à partir de 5 ans, un rayon déguisements composé uniquement de robes,… les exemples ne manquent pas!

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Comment désamorcer les conflits des petits avant qu’ils ne dégénèrent ? 

Ma mini n°2 (Mini J, pour les intimes) a une panoplie de copains: des filles, des garçons, des enfants plus jeunes, d’autres plus âgés, elle a une facilité folle à se faire des amis. Et dans cet univers, il y a ses deux amies-chéries-d-amour-pour-la-vie-entière, avec lesquelles elle partage pratiquement tout. Sauf que, en amitié comme en d’autres choses, les trios ne sont pas toujours faciles à gérer… Un jour, elles s’adorent et le jour d’après elles se disputent, faisant bloc à deux contre une. Jusqu’ici, ça s’est toujours arrangé tout seul. Mais il semble qu’une des trois cocottes vive de moins en moins bien ces chamailleries. C’est donc l’occasion pour moi de réfléchir à la manière dont on peut désamorcer ce genre de situations avant qu’elles ne dérapent.

Les disputes de cour de recré, il n’y a rien de plus banal et de plus naturel. Les humains, petits ou grands, sont ainsi faits : nous recherchons la compagnie de nos congénères mais nous trouvons très vite matière à nous plaindre du caractère de l’un ou des attitudes de l’autre. Rien de très alarmant quand ça se résoud naturellement. Mais si ça se transforme en mal-être chez l’enfant, il est préférable de réagir rapidement. Si vous êtes confrontés à ce type de situations, voici quelques astuces qui peuvent aider à désamorcer la situation. Lire la suite de « Comment désamorcer les conflits des petits avant qu’ils ne dégénèrent ? « 

Le Noël de Mr Scrooge: un conte de Noël dans un lieu magique

1998. J’ai 17 ans et je vais au théâtre pour la première fois de ma vie. Une sortie scolaire extraordinaire..  Je ne sais plus ce que nous sommes allés voir mais je me souviens très nettement de l’émotion que j’ai ressentie en rentrant dans ce théâtre. L’allure et l’élégance des spectateurs. L’accueil, respectueux et solennel. Les escaliers qu’on montait à peu feutrés. Et puis… cette salle!!! Les dorures, le lustre, le plafond, le velours rouge, le rideau. On aurait dit un théâtre de compte de fées.

1998. J’ai 17 ans et je découvre le Théâtre Royal du Parc. Cette première fois me donnera envie d’en voir d’autres, des théâtres et des pièces. Là et ailleurs. Et plus tard, envie d’emmener mes enfants assister à des spectacles vivants, dès qu’elles ont été en âge de les apprécier. Et la certitude qu’un jour, je les emmènerais dans ce théâtre-là.  Lire la suite de « Le Noël de Mr Scrooge: un conte de Noël dans un lieu magique »

Ho Grand Saint-Nicolas… (air connu)

Dans cette maison, la fin de l’année est chargée en beaux événements. Pour commencer, l’anniversaire de la grande mini, fin novembre. Pour terminer, Noël et son ambiance rouge et dorée. Et entre les deux, le passage tant attendu du Grand Saint-Nicolas.

C’est une tradition magique. Les listes avec les images charcutées parce que découpées par de petites mains malhabiles. Les dessins de mitres et de crosses dorées. La table, préparée la veille au soir avec de quoi boire et manger pour le Grand Saint et ses deux acolytes. Et au matin, l’excitation et le plaisir de constater qu’il est bien passé, apportant bonbons, speculoos, mandarines et cadeaux non emballés. (Paske non, le Grand Saint n’emballe pas ses cadeaux).

Cette année, cette tradition a une saveur encore plus particulière parce que c’est probablement la dernière fois que ma grande mini est convaincue de l’existence d’un vieux bonhomme qui lit tous les courriers, accroche tous les dessins et exhauce les souhaits. A deux semaines de son huitième anniversaire, elle a déjà pris le chemin qui mènera tôt ou tard à la réalité derrière la magie de Saint-Nicolas:

Comment il fait pour acheter tous les jouets ? Il n’a pas de travail ! 

Est-ce que Saint-Nicolas peut mourir ? 

Il a vraiment le temps de tout lire ? 

Machine a dit que Saint-Nicolas, c’était comme la petite souris, ça n’existait pas ! C’est vrai ? 

A chaque fois, je me contente de lui demander ce qu’elle en pense. Pour l’instant, la magie opère et les réponses qu’elle se donne à elle-même la confortent dans ce qu’elle a envie de croire.

Alors, pour cette Saint-Nicolas 2017, je voulais qu’on prenne plus de temps pour réaliser la lettre et la liste traditionnelles. Et c’est chez une blogueuse, Allo Maman Dodo, que j’ai trouvé la super bonne idée : un questionnaire qui permet de réfléchir à l’année écoulée et à ce qu’on souhaite demander. Je l’ai adapté à notre famille et au Grand Saint (celui de Allo Maman Dodo est destinée au Père Noël) et ce fut une belle découverte.

J’ai laissé une totale liberté sur les réponses, me contentant de faire la scribe pour ma Mini n°2. Nous avons discuté de ce qui a fait notre bonheur cette année, des efforts à faire entre sœurs, de leurs réussites et fiertés. Un très beau moment d’échange.

A ce questionnaire, nous avons ajouté aussi :

Une liste de cadeaux limitée

Depuis le début, j’ai mis des limites aux listes qu’elles réalisent. A la fois en quantité et en qualité. Ça apprend à faire des choix (non, on ne peut pas découper tout le catalogue de jouets) mais aussi à choisir autre chose (livres, vêtements,…) . Cette année, avec le déménagement et leurs nouveaux espaces, une catégorie « décoration et aménagement » était toute indiquée.

Un cadeau à Saint Nicolas

Parcequ’il ne s’agit pas que d’une liste d’exigences. Dire merci passe aussi par le temps qu’elles consacrent à réaliser leur cadeau au Grand Saint. La petite a opté pour le dessin rigolo, la grande pour une poésie improvisée.

Au final, nous avons passé pratiquement deux heures à discuter, rêver et bricoler.

Quand viendra la question fatidique sur l’existence de Saint-Nicolas, je pourrai lui expliquer que son rôle est de créer des souvenirs, des moments de tendresse et de partage en famille. Et ça, ça vaut tous les cadeaux du monde !

Avec Belle-Fleur à la découverte de la mine

Il y a quelques mois, mes minis ont remarqué que notre horizon carolo est marqué par d’étranges montagnes. Je leur avais raconté ce que je savais sur les terrils, la mine, les charbonnages et, tout naturellement, j’en étais venue à parler de la catastrophe du bois du Cazier. Depuis lors, ma petite demoiselle me demande régulièrement d’aller visiter le site… Nos week-ends étant fort remplis, nous avons retardé sans cesse le moment de nous rendre à Marcinelle, ce qui nous a permis de profiter de l’activité organisée depuis la mi-octobre pour les familles.

Dès notre arrivée sur place, nous sommes invitées à prendre connaissance de l’histoire de Belle-Fleur, qui guidera notre visite.

Belle-Fleur est le surnom de Blanche Duval, une petite fille de 10 ans. Son papa est abatteur à la mine et sa maman travaille à la surface, au triage-lavoir. Par une fin d’après-midi de décembre, elle ne voit pas son papa sortir de la mine et s’inquiète. Le lendemain matin, avec l’aide de son ami Nicola, elle descend au fond à sa recherche. 

Après avoir lu le livre, nous partons à la recherche des 10 épreuves/questions, disposées aux endroits stratégiques du site du bois du Cazier comme la grille, la loge d’accès, le baraquement, le chevalement (aussi appelé…  belle-fleur, comme notre héroïne) ou la zone de secours. A chaque étape, les enfants trouvent une question/énigme et découvrent une nouvelle réalité de la vie des mineurs. A la fin, on peut vérifier ses réponses et remporter un petit souvenir de la visite.

Points forts:

  • Le livre: l’histoire et les illustrations sont très chouettes et offrent un support idéal tout au long de l’activité. A noter qu’il est possible d’acheter le livre en fin de visite.

  • Le lieu et les reconstitutions: on a beau leur raconter à quoi ressemblait un baraquement ou une galerie, rien ne vaut l’expérience « réelle ». Se retrouver devant l’ascenseur qui emmenait les mineurs au fond de la terre. Se faufiler au milieu d’une galerie et n’avoir qu’une faible lumière pour s’orienter. Se rendre compte de la taille d’un marteau-perforateur.



  • Le choix des activités: retrouver des points communs et des différences, repérer un nom dans une liste, relier dates et lieux, dessiner,… c’est assez varié pour plaire à tous.

  • Le rythme: notre visite a duré deux bonnes heures mais les minis n’ont pas vu passer le temps.

Points faibles:

  • l’absence de support pédagogique pour expliquer aux enfants ce qu’ils voient. Si l’adulte qui les accompagne n’y connait pas grand-chose, il existe un risque de passer à côté d’informations intéressantes.
    Je précise toutefois que j’ai emmené les minis en visite libre. Des visites guidées et des animations encadrées sont également proposées par l’équipe pédagogique du bois du Cazier.
  • L’absence totale de toute mention de la place des femmes dans la mine. Pourtant, la maman de Belle-Fleur travaille également à la mine. Et le site comporte plusieurs œuvres qui représentent des femmes et qui auraient permis d’introduire un petit mot sur le sujet. (Mais oui, je sais, c’est parceque je suis chiante pointilleuse sur le sujet.)

Conclusion

Personnellement, j’ai adoré. J’ai trouvé ça amusant, intéressant et impressionnant. D’ailleurs, je suis très contente d’avoir découvert le site par ce moyen et non par une visite classique à l’audioguide. J’avais démarré la journée du pied gauche et cette promenade ludique m’a fait le plus grand bien! (Bein oui, ce ne sont pas toujours les kids qui sont de mauvaise humeur 😉 )

Du côté des minis, gros coup de cœur également, tant pour l’histoire de Belle-Fleur que pour les activités. Et cerise sur le gâteau, elles ont appris plein de choses. 

L’exposition-animation « Belle-Fleur » se tient jusqu’au 18 février au bois du Cazier. Pour plus d’informations et réservations, rendez-vous sur leur site internet.

Pour d’autres idées d’activités avec les minis, c’est par ici que ça se passe. 

Saleté: n.f. Morceau de tissu ou de corps féminin

Ce matin, ma petite demoiselle a voulu mettre une robe. Comme pratiquement tous les jours. Les deux adorent s’habiller avec des robes ou des jupes. Elles se sentent bien, à l’aise, elles s’aiment comme ça.

Sauf que ce matin, ma petite demoiselle a insisté pour mettre un legging sous sa robe. Alors que la journée promet d’être douce pour un mois d’octobre. Et qu’elle préfère généralement ne pas en mettre. Donc, je lui ai demandé si elle avait froid.

Non, non. C’est parceque sinon, je ne peux pas faire de cumulets sur les jeux de la cour. 

Comme elle me bombarde souvent d’informations qui n’ont pas nécessairement de lien entre elles, je lui ai demandé s’il y avait un lien entre le legging et le fait de pouvoir utiliser les jeux de la cour. Parce que, sur le coup, je n’ai compris.

Bein oui! Sinon, les madames ne voudront pas me laisser aller sur les jeux. Parce que si on a une jupe ou une robe sans un legging ou des bas, on peut voir notre culotte. Et c’est sale. 

Pardon?  Je me dis que j’ai mal compris. Ou elle. Mais sa sœur confirme. Si on met une jupe/robe, faut un pantalon ou pantacourt en dessous. Parceque c’est sale.

Sale? SALE? En quoi une petite fille de 6 ans qui fait un cumulet sur une corde et risque de montrer ses sous-vêtements (propres et fort jolis en plus!) pendant 4 secondes est sale?

POUVEZ-VOUS NE PAS METTRE DANS L’ESPRIT D’UNE ENFANT DE 6 ANS QUE SON CORPS OU SES GESTES SONT SALES, BORDEL? 

On a discuté de ce qui est sale. Des gestes sales. Des paroles sales. De la vraie saleté, quand on jette des déchets par terre par exemple. Et on a discuté de ce qui n’est pas sale. Un enfant qui joue, qui tourne et dont on voit un bout de tissu ou un bout de peau, ce n’est PAS SALE. Que ça gêne l’adulte qui les surveille, c’est une chose. Mais qu’on fasse porter la responsabilité aux enfants, pas question!

Elle l’a mis ce put… de legging, pour pouvoir jouer sur les jeux de la cour aujourd’hui. Mais elle est au moins partie à l’école en sachant qu’elle n’y est pour rien. Ni elle, ni les autres à qui on fait la remarque. Et moi, je vais – gentillement mais fermement –  attirer l’attention du Directeur de l’établissement sur ce genre de formules maladroites.

Parce que ce ne sont pas que des paroles anodines. Ce sont des messages qui font comprendre aux petites filles, dès leur plus jeune âge, que leur corps est problématique, sale, honteux, à cacher. Et puis on se demande pourquoi les filles grandissent en ne voulant plus montrer leurs jambes, en se contorsionnant pour se changer au cours de gym, en se cachant sous des pulls amples. Parce que, si on n’y prend pas garde, un jour elles cessent de s’habiller comme elles aiment juste pour correspondre aux besoins des autres.

Apprendre la gentillesse à nos enfants

Parmi les magazines que je lis, il n’y a plus que le FLOW que j’achète systématiquement. C’est un magazine qui me convient bien, avec ses articles éclairants et orientés vers la créativité, la pensée positive et le développement personnel. Dans le dernier numéro, un article sur la gentillesse a particulièrement retenu mon attention.

J’ai longtemps eu honte mais voilà – j’en profite pour mon faire mon deuxième coming-out (pardon maman, pardon les amis): je suis une gentille. Une vraie. Mais comme ce n’est pas considéré comme une qualité par tout le monde, ça fait du bien quand des voix s’élèvent pour remettre la gentillesse au goût du jour. Cet article dans le Flow en fait partie mais pas seulement. Récemment, SoFille en avait fait le sujet de sa chronique radio, m’inspirant gratitude et satisfaction.

Toutes ces voix sont libératrices: oui, on peut être gentil.le et le revendiquer! En tant qu’adulte, on peut apprendre à s’affirmer tout en faisant preuve de gentillesse. On peut trouver le juste milieu entre paillasson et hérisson. Mais qu’en est-il de nos enfants? Leur apprend-on à être gentil.le.s et fièr.e.s de l’être?

Mais quelle question! Bien sur qu’on demande à nos enfants d’être gentil.le.s! M’enfin! Suffit de nous entendre, parents, leur répéter d' »être gentil.le.s » comme on leur répète de « ranger »: sans leur donner la moindre idée de ce que ça signifie et de comment y arriver. C’est que nous mêmes utilisons l’injonction pour dire plein de choses différentes…

Et sois bien gentil en classe, Richard-Abdel. 
(Ne te fais pas punir. Ni remarquer. Ni envoyer chez le Directeur.)

Tu seras bien gentille avec ta copine et ses parents, Angélique-Patrick!
(Tu ne te bagarres avec personne, tu ne recraches rien de ce qu’on te propose à manger et tu évites de me mettre la honte.)

Sois gentil.le, va jouer ailleurs!
(Est-ce qu’on peut discuter boire tranquillement entre adultes sans être interrompu.e.s toutes les quatre secondes?)

Fais un effort, sois gentil.le avec ta.tes soeur.s/frère.s!
(JE VOUS EN PRIE, arrêtez de vous disputer pour rien et de me demander d’intervenir dans un conflit plus compliqué à comprendre que celui du Moyen-Orient!)

Et on peut continuer comme ça longtemps…

Trop souvent, les injonctions de gentillesse qu’on donne à nos enfants sont associées au fait d’être calmes, lisses, silencieux.ses, sages, mignon.e.s. Bref, à ressembler à des enfants qui dorment. (Oui, les miennes ne ressemblent à ça que quand elles dorment.) Alors que la gentillesse, c’est tellement plus que ça! Nos marmots auraient tout à gagner à être gentil.le.s. Vraiment.

Elles/Ils apprennent de cette façon qu’on peut offrir du bonheur, simplement et gratuitement, et se sentir fièr.e.s et heureux.se.s en retour. Un bonjour, un sourire, une attention, un peu de temps, un dessin.

Ils /Elles apprennent aussi à être attentif.ve.s à ceux qui les entourent. Accueillir un nouveau, laisser une deuxième chance, connaître avant de juger, pardonner et demander pardon.

Apprendre et découvrir la gentillesse permet aussi à nos marmots de se sentir en sécurité, en confiance. Adultes et enfants ne sont pas là que pour faire du tort les un.e.s aux autres. On peut s’aider, se soutenir. 

Et non, cela ne signifie pas qu’ils/elles vont « se faire dévorer par les méchant.e.s de la cour de récré ». Ni qu’elles/ils doivent faire confiance aveuglément à chaque adulte. Leur sécurité, le respect de leur corps et de leur intégrité doit être une priorité. Mais ce n’est pas incompatible.

De la même façon, leur apprendre à rendre coup pour coup ne va pas « les préparer à la rudesse du monde ». Rien ne préparera jamais un.e enfant aux coups durs que la vie lui réservera. Par contre, on peut lui donner les outils pour se sentir heureux.se et en confiance. On peut lui permettre d’engranger des sensations et des souvenirs positifs. On peut lui apprendre à demander de l’aide puisqu’elle/il a appris à en donner.

On peut lui apprendre à être gentil.le, vraiment gentil.le. Et fièr.e de l’être.