Sleeping Beauties et Le Pouvoir: Femmes fortes ou femmes endormies?

Je viens de terminer deux briques, qui m’ont tenue en haleine pendant quelques semaines: Le Pouvoir, de Naomi Alderman et Sleeping Beauties, de Stephen King. A priori, rien ne reliait ces deux romans. Mais après lecture, les points communs et les dissemblances entre les deux m’ont vraiment donné envie d’en faire un blogpost commun.

Stephen King, c’est toute mon adolescence. Je l’ai découvert avec Ca, acheté par hasard juste avant un départ en vacances. Ce coup de foudre a marqué le début d’une grande passion pour ses romans (à part la série La Tour Sombre à laquelle je n’ai pas accroché). Avec le temps, je suis devenue moins exclusive et ne suis revenue vers sa bibliographie que pour l’un ou l’autre roman, que j’avais vraiment envie de lire. Ce fut le cas avec les excellents 22/11/63 et Joyland et, plus récemment, avec Sleeping Beauties, que j’ai attendu de trouver à la bibliothèque.

Le Pouvoir, de Naomi Alderman, c’est une pure découverte de ma bibliothèque, qui l’avait sélectionné au milieu de tas d’autres ouvrages dans le cadre des activités autour du 8 mars, Journée Internationale de lutte pour les Droits des Femmes. Sa couverture rouge et la mention du nom de Margaret Atwood ont attiré mon attention, la quatrième de couverture m’a convaincue de l’emmener.

Des histoires de femmes

Dans Sleeping Beauties, dont le titre fait référence au conte de La Belle au bois dormant (Sleeping Beauty en anglais), Stephen King nous emmène dans un monde où les femmes sont soudainement frappées d’un mal étrange. Dès qu’elles s’endorment, leur corps est plongé dans un état d’hibernation (ou de coma) et enveloppé d’un cocon isolant. D’un bout à l’autre de la Terre, toutes sont condamnées à connaître le même sort, quels que soient leurs efforts pour échapper au sommeil. Toutes, sauf une. A Dooling, une petite ville des Etats-Unis, une femme débarquée de nulle part échappe à la règle. Dotée d’étranges pouvoirs, elle devient rapidement la pièce centrale de l’histoire.

Dans Le Pouvoir, les femmes sont également touchées par un phénomène mondial, qui bouleverse leurs vies et celle des hommes. Pour une raison inconnue, les adolescentes – puis le reste de la population féminine – découvrent qu’elles possèdent un pouvoir, sous la forme d’un courant électrique qu’elles peuvent apprendre à contrôler et à utiliser quand bon leur semble. Ce pouvoir renverse complètement le rapport de forces entre hommes et femmes.

Des points communs assez frappants

Le hasard ayant fait que je les ai loués en même temps et lus l’un après l’autre, j’ai été assez frappée par les points communs entre ces deux livres:

  • Chez King et chez Alderman, un évènement inattendu touche progressivement toute la population féminine mondiale.
  • Les femmes deviennent agressives et incontrôlables si les hommes essayent de les contraindre. (Les endormies ne supportent pas qu’on tente de les réveiller, les femmes dotées du pouvoir peuvent perdre le contrôle et créer des dégâts involontaires).
  • Les hommes se retrouvent mis en difficulté. Certains cherchent des alternatives, d’autres refusent le changement.
  • Dans les deux romans, une femme sert de « messagère » et réussit à provoquer des évènements d’envergure qui influencent le cours de l’histoire.
  • Ces deux femmes se font appeler par le même prénom: Eve.
  • Un renard sert de guide à cette messagère dans les deux romans.
  • Dans les deux histoires, les femmes ont la possibilité de construire une société différente.

(Si vous vous posez la même question que moi: Sleeping Beauties est paru en septembre 2017, Le Pouvoir en octobre 2016)

Et quelques différences de taille

Malgré ces quelques points communs, les deux romans apportent deux expériences de lecture complètement différentes.

Stephen King nous délivre un roman distrayant et captivant mais sans grandes surprises. Alors que l’idée était vraiment intéressante (que devient un monde où les femmes sont toutes endormies?), j’ai regretté que le roman s’appuie sur des clichés faciles: les femmes s’endorment, les hommes paniquent et cherchent une manière musclée de les réveiller, au risque de tout détruire.

Enfin, la chute fut une véritable déception; bâclée, trop rapide, elle est aussi totalement invraisemblable. (Je vous raconte plus bas pourquoi 😉 #spoiler).

Naomi Alderman, par contre, nous offre un superbe roman, qui étonne, révolte, fait réfléchir. Dans cette histoire, les femmes disposent d’un pouvoir assez grand pour ne plus avoir peur, pour ne plus subir la violence des hommes. Les rapports de force s’inversent, la peur change de camp. En tant que lectrice, j’ai été bluffée de lire un roman où tout ce que je connais du monde se retrouve appliqué à l’autre genre. Pour autant, Le Pouvoir ne tombe pas dans le cliché qui voudrait que les femmes soient des êtres de douceur et d’amour, animées par le même objectif de créer la paix dans le monde.

Les personnages sont complexes, les regards sont multiples et tout le roman donne à réfléchir. Quant à la fin, elle est absolument géniale, parce qu’elle amène un tout autre regard sur l’histoire.

Si, comme moi, vous êtes fans de Stephen King, faites-vous plaisir et lisez les deux. Mais si vous ne devez en choisir qu’un, je vous conseille vivement Le Pouvoir, vous l’aurez compris.

SPOILERS

Si vous avez envie de découvrir un de ces deux bouquins ou que vous êtes en pleine lecture, N’ALLEZ PAS PLUS LOIN! Par contre, si vous voulez savoir ce qui m’a marquée dans les fins des deux bouquins, il suffit de suivre le lien ICI.

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