Le blog des petits bonheurs

8 mars. Et après?

Vendredi dernier, nous étions le 8 mars, Journée Internationale de Lutte pour le Droit des Femmes. A cette occasion, une vague de féminisme s’est emparée des médias et des réseaux sociaux; panneaux, articles, reportages, partages, messages de soutien, etc. Et franchement, quand on se sent concernée par la place et le rôle des femmes dans la société, ce fut une vraie journée plaisir. Mais le 8 mars est fini. Et personnellement, le retour à la normalité va me sembler difficile. Insupportable, même. Et je réfléchis à comment je peux, à mon échelle, porter plus haut la lutte féministe.

A l’occasion du 8 mars, la bibliothèque de ma commune avait organisé une conférence sur le féminisme avec deux militantes, Nadine Plateau et Irène Kaufer. Dans son intervention sur l’articulation entre Le Féminisme et Les Féminismes, Nadine Plateau a commencé par un résumé de l’histoire du féminisme en Belgique depuis les années 70. De la naissance des mouvements de femmes – avec les revendications autour du corps et de l’autonomie – à l’institutionnalisation du féminisme, avec la mise à l’agenda politique de certaines thématiques féministes; en passant par l’arrivée d’autres féminismes, portés par des femmes d’autres cultures, origines et milieux sociaux.

Ce fut une intervention vraiment intéressante – qui m’a donné envie d’en savoir plus – mais qui m’a laissé un goût amer. En 50 ans, on a certes gagné du terrain mais quand on regarde l’énergie, le temps nécessaires pour y arriver, ça me laisse sans voix. Objectivement, il a fallu un demi-siècle à la moitié de la population belge pour obtenir de haute lutte une série de droits dont on nous privait sans aucune raison.

Un demi-siècle. C’est trop long.

Certes, on a le droit d’avorter. Mais en secret. Ou en étant jugée pour ce choix. Ou culpabilisée. Et en sachant que l’avortement est encore inscrit dans le code pénal.

Oui, bien sûr, on a accès à la contraception. Mais pour un temps seulement, hein? (clin d’œil, wink, wink) Parce qu’après, il faudra faire des bébés. Si vous n’en voulez pas, ça viendra. Et si vous envisagez la ligature des trompes, il vous faudra l’autorisation de votre mari. Ou attendre d’être plus vieille. Ou d’avoir bien réfléchi. (Mieux réfléchi que ça, madame.)

D’accord, d’accord, on a obtenu le droit de travailler. Deux fois même. Une fois au bureau, où on gagne moins que ces messieurs, et une fois à la maison. Parce que avec l’utérus vient l’obligation d’avoir des enfants et celle de s’en occuper à vie. Et si vous avez un.e compagne investi.e, vous voilà devenue une petite veinarde qui n’a pas le droit de se plaindre.

Sortir quand on veut, où on veut? Oui, bien sûr, ça aussi on peut. Enfin, en optant pour les bons lieux (faut pas chercher les ennuis), les bonnes personnes (celles qui ne profiteront pas de nous), les bons vêtements (qui ne font pas trop pute) et en faisant attention à ne pas se faire remarquer. Les viols, ça n’arrive pas par hasard…

On attend encore 50 ans? Ou on fait quelque chose?

Quand je pense à tout ça, à la perspective qu’il faille encore 50 ans pour obtenir quelques avancées de plus, ça me rend folle. D’une part, parce que je ne suis même pas sûre qu’on obtienne autant dans le même laps de temps si on écoute les discours de ceux (et celles, malheureusement) qui estiment que « ho, ça va, vous l’avez, votre égalité ». Et d’autre part, parce que je ne veux pas attendre un demi-siècle. Ni pour moi, ni pour mes filles, qui seront adolescentes puis adultes dans beaucoup moins de temps que ça!

En fait, après ce 8 mars, je me rends compte de j’ai besoin de plus, besoin d’agir concrètement sur autre chose que mon cercle familial. Je continuerai à faire de mes filles de jeunes féministes critiques, instruites, conscientes du monde dans lequel elles vivent. Je vais continuer à m’instruire et à débattre du sujet, avec tous ceux et celles prêtes à le faire avec respect. Mais je souhaite aller un cran plus loin. Ecrire, ici notamment, sur ce qui me touche et me révolte dans ce combat féministe. Et chercher comment m’investir un peu plus pour changer vraiment les choses.

3 réponses à “8 mars. Et après?”

  1. Yola Marin

    Bonjour, je partage entièrement votre opinion à ce sujet. Je trouve qu’il y a encore beaucoup trop de comportement qui tendent à diminuer la femme et à faire fi de ce qu’elle en tant que personne, alors que finalement elle est le pilier de la société en ce sens que c’est elle qui éduqué essentiellement et qui se cache derrière un bon bombre de réussites.

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