Ariane: la lecture à remonter le temps

J’aurais beaucoup aimé démarrer ce blogpost en vous disant que je mourais d’envie de lire Ariane de Myriam Leroy et que je l’ai dévoré et adoré dès sa sortie.

Mais la réalité est toute autre.

Je ne voulais pas le lire. Mieux: j’ai refusé obstinément de le lire.

Mon Amoureuse l’a acheté – et fait dédicacer #lagrandeclasse – dès sa sortie. Elle l’a lu, me l’a conseillé mais j’ai continué à ne pas vouloir. Non, non, et non, je ne le lirai pas.

Pourquoi? Parce que j’ai décidé que Myriam Leroy ne pouvait pas être à la fois drôle, super belle, féministe, intelligente, avoir rencontré Virginie Despentes ET écrire un bon bouquin. Il n’est pas possible qu’une seule femme ait toutes ces qualités. Donc, ce roman ne pouvait qu’être nuuuuul. Et s’il était nul, inutile pour moi de le lire.

La démonstration est imparable.

Ariane Myriam Leroy

Et puis… Et puis, hier soir est arrivé. Epuisée, sans aucune envie de rejoindre mes compatriotes face au match de football, sans même avoir allumé Netflix, je me suis mise au lit. Et en passant devant la pile de bouquins où se trouvait Ariane j’ai décidé de lui donner une chance. (Bon, d’accord, j’avoue, j’ai cru que je m’endormirais plus vite en le lisant.)

Et j’ai lu. Encore et encore. Jusqu’à la dernière page. C’était bien. Et si je mets de côté ma mauvaise foi, je peux même vous dire que c’était très très bien.

J’ai lu quelque part que Ariane est un roman sur l’adolescence. Je ne suis pas d’accord. Ce livre EST l’adolescence. Comme s’il avait été écrit à quatre mains par l’adulte qui se souvient et l’ado qui l’a vécu. Comme si on pouvait à la fois être excessive comme on peut l’être à 15 ans et regarder les évènements avec la sagesse de la trentaine avancée.

La lecture m’a fait l’effet d’une machine à remonter le temps. Grâce aux  références multiples aux succès des années nonante (les Backstreet Boys, quoi!) mais aussi pour les souvenirs et aux émotions qui sont remontées à la surface.

J’ai eu 14 ans de nouveau hier soir. J’ai eu envie d’être excessive, émotive, dramatique, passionnée, intense, comme à l’époque. Je me suis revue appeler longuement les copines après l’école, même pour ne rien dire. J’ai ressenti intensément les chagrins violents de l’amitié. Je me suis souvenue d’une période de liberté où Marc Dutroux ne nous avait pas encore enfermés dans nos peurs. Durant quelques heures, je suis restée en suspension dans un univers où j’avais 14 et 37 ans en même temps.

J’ai refermé Ariane en y laissant les affres de l’adolescence, heureuse de revenir à ma vie d’aujourd’hui après ce voyage émotionnel dans le temps. Et je n’ai qu’un seul regret: avoir attendu si longtemps pour embarquer dans ce roman très réussi.

 

Si je vous ai donné envie, vous trouverez le résumé et toutes les infos sur la page des Editions Don Quichotte. Bonne lecture et n’hésitez pas à venir me dire ce que vous en avez pensé.