Eduquer dans la joie… Possible ou pas ?

Pour Isabelle Filliozat, la réponse est très claire, c’est un grand OUI ! Pendant deux heures d’une conférence vivante, participative et pleine d’humour, elle nous a emmenées(*) à travers une série de thématiques abordées dans ses ouvrages sur la parentalité positive.

La joie ne se trouve pas en restant dans le canapé.

Un des thèmes qui m’a le plus intéressée c’est celui des mécanismes de la joie. Ce n’est pas un sentiment qui naît tout seul, dont on attend gentiment l’arrivée. Au contraire… La joie se provoque. La joie se crée. En osant sortir du cadre, en s’exprimant, en s’émerveillant de ce qui nous entoure, en créant du lien, en agissant. Et en bougeant.

Le corps devient alors un outil essentiel pour créer cette joie ; par le contact, le mouvement, la libération d’énergie. D’ailleurs, il suffit d’observer une cour de récréation pour se rendre compte que l’activité et le défoulement sont sources de plaisir chez les enfants.

Dans ce contexte, Isabelle Filliozat préconise d’utiliser les activités qui mobilisent le corps pour désamorcer une crise ou pour libérer les tensions comme par exemple jouer au football, se chatouiller, faire des roulades ou une partie de karaté-chaussettes.

(Le karaté-chaussettes est un jeu qui consiste à réunir adultes et enfants dans un lit et où chacun doit réussir à piquer et enfiler les chaussettes des autres membres de la fratrie. Je vous laisse imaginer le bordel la joie que ça provoque…)

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Ce rôle du corps dans la création de la joie est très forte. Cela signifie que nous sommes acteurs dans ce processus et que notre esprit n’est pas le seul concerné.

Connexion et pouvoir personnel

Mais comment intégrer cette joie dans le quotidien et la réalité de la vie de famille ? Isabelle Filliozat donne quelques pistes…

La plus intéressante à mon sens, c’est la combinaison « connexion et pouvoir personnel ». En cas de crise – petite ou grande – elle suggère en premier lieu de désamorcer le conflit en rétablissant une connexion avec l’enfant. Par le câlin, le jeu, la discussion,… Et ensuite, de permettre à l’enfant de reprendre du pouvoir sur les choses. Parce que l’adulte est généralement celui qui détient et applique le pouvoir familial, ce qui est souvent à la source des conflits. Laisser l’enfant s’ouvrir à autre chose après la dispute et réaliser une activité ensemble permet de rétablir l’équilibre.

Trucs et astuces en cas de crise

Parfois, quand l’énervement ou le stress sont trop importants, il est possible aussi de prendre du recul. Se rendre compte que ça va exploser, respirer un bon coup et tenter de retrouver son calme. La conférencière nous suggère même de se reconnecter aux petites cellules de l’enfant qu’on a porté qui subsistent en nous. Sur ce point, je vous souhaite bon courage ! Personnellement, quand ca part en vrille, j’ai du mal à connecter à quoi que ce soit d’autre qu’à ma rage.

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Elle suggère aussi, quand c’est vraiment trop dur, de se souvenir de votre enfant quand il était bébé, tout mignon, tout doux et que vous n’aviez pas – encore – envie de l’accrocher au porte-manteau.

L’astuce la plus rigolote, c’est celle du nez rouge. Oui, oui, un nez de clown. A enfiler pour transformer toute bagarre en fou rire. C’est simple et très certainement efficace mais je ne suis pas sûre que j’oserais…

Souligner les forces de chacun

Cela semble évident mais c’est toujours important à rappeler : n’enfermons pas nos enfants dans des cases, avec des étiquettes très nettes sur ce qu’ils sont ou ne sont pas. Selon Isabelle Filliozat, notre rôle est d’aider l’enfant à développer ses forces et compétences, sans systématiquement se braquer sur ses excès. Valorisons les efforts et la progression, encourageons-les à s’accrocher et à persévérer.

Elle nous rappelle aussi d’utiliser un petit mot qui change tout : « pas ENCORE ».

  • Tu es incapable –> Tu n’y arrives pas encore.
  • Je rate tout –> Tu n’as pas encore réussi.
  • Je suis nul en maths –> Tu n’as pas encore compris l’exercice.

Vous voyez comment cette nuance change l’esprit de chaque phrase ? L’enfant qui en bénéficie le sentira aussi.

En conclusion

Il y aurait encore mille choses à dire sur cette conférence, entre l’explication des crises des tout petits, les difficultés particulières des ados ou la place de l’épigénétique dans les mécanismes de la joie.

Je n’ai pas été convaincue par tout. Je sais qu’il est parfois difficile de sortir des contraintes du quotidien et que nous, parents/éducateurs, sommes parfois trop enlisés dans la fatigue, les soucis, les chagrins pour être capables de « créer de la joie » en toute circonstances.

Mais j’ai appris des choses, j’ai été confortée dans certaines de mes bonnes habitudes et j’ai continué à réfléchir sur l’éducation et les valeurs que je souhaite transmettre à mes enfants. Et puis, j’ai vu un auditoire rempli d’adultes qui vivent les mêmes difficultés et les mêmes questionnements que moi et qui chantent à gorge déployée. Et rien que pour ça, je suis en joie d’avoir rencontré Isabelle Filliozat.

3 commentaires sur “Eduquer dans la joie… Possible ou pas ?

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