Les plaies des fêtes de fin d’année 

J’adore les fêtes de fin d’année. Les sapins, les lumières, les cougnous, les décorations dans les rues et les magasins, les guirlandes lumineuses, le rouge, le doré, l’argenté, les étoiles, les rennes, les bonhommes de neige, les maisons décorées à l’intérieur et à l’extérieur, les beaux papiers cadeaux, les boules, les épines, les chants de Noël, le champagne. J’aime l’excitation des enfants, le plaisir d’offrir des grands, les repas d’exception, le temps passé ensemble. J’aime à la folie tous les excès de cette époque de l’année. 

Mais en même temps, je hais profondément cette période. La recherche de cadeaux, exercice ho combien périlleux tellement il est difficile de trouver exactement ce qui fera mouche. Les magasins bondés, remplis de victuailles et de gens jusqu’à l’écœurement. Les « Et bonnes fêtes, hein ! » qui sont répétés avec autant d’entrain que les « Ça va ? » du matin, phrases dites sans conviction ni envie d’entendre de réponse. Les repas trop riches, trop longs, trop lourds, trop tout. Les enfants fatigués et trop gâtés, qui ne se rendent même pas compte de l’abondance à laquelle ils ont droit. Les papiers cadeaux, qui finissent par n’avoir plus rien de joli quand ils jonchent le sol, froissés et déchirés. 

Mais ce n’est pas ça le pire. Le pire, c’est la solitude, l’isolement, le manque; ces plaies avec lesquelles on cohabite toute l’année mais qui se mettent à démanger en décembre. Quand il fait un froid de pingouin et qu’il faut dormir dehors, sous une bâche ou sur un banc. Quand on mange tout seul alors que les publicités nous vendent des repas en famille avec dinde et bûche glacée. Quand on est entouré mais qu’on ne pense qu’à celui, à celle, qui manque à table. Quand on attend en vain un appel ou un message qui ne viendra pas. 

Depuis quelques années, pas un réveillon ne passe sans que je sois aussi heureuse que déprimée par cette période. C’est comme ça. Alors, je choisis de faire une overdose de ce que j’aime et de ceux que j’aime. Du champagne, du chocolat, des lumières, beaucoup de paillettes, des bougies, des amis, des cadeaux, de la chaleur… Et surtout, être pleinement consciente de ma chance de vivre ici et maintenant. 

En cette fin d’année, je vous souhaite, à chacun et chacune, de profiter un maximum de ce qui vous rend heureux, avec ceux qui vous rendent heureux. Au final, rien d’autre n’a d’importance. 

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