Les mouvements de jeunesse: entre amusement et responsabilités

Depuis hier soir, l’information se propage à toute allure… En reconduisant des jeunes scouts à leur camp de base, une habitante de la province du Luxembourg découvre l’état de la tente des chefs et témoigne de jeunes qui ne se sont pas levés à temps, de bières et déchets amoncelés. Elle rédige un statut Facebook qui fait rapidement le « buzz » et qui est repris sans tarder par un quotidien pressé de surfer sur la polémique.

Sur ce cas précis, nous devrions tous éviter de nous prononcer. Principalement parce que les seules informations que nous avons sont le témoignage d’une personne et une poignée de photos, le tout ayant été propagé et déformé par Facebook et un quotidien amateur de scandales.

D’ailleurs, les dernières informations communiquées par la Fédération concernée font état d’une situation bien moins catastrophique et irresponsable que les photos et le statut ne le suggéraient.

Mais au delà de ça, cette polémique relance la question de la responsabilité et de la sécurité des camps de mouvements de jeunesse. Et je m’étonne de voir autant de commentaires qui normalisent – voire encouragent – l’excès d’alcool dans les camps.

– C’est normal que les animateurs se détendent avec quelques bacs.
– Pffff, ils n’ont même pas tout bu!
– Seulement x bacs. Petits joueurs!
– Cette dame s’indigne pour rien, elle n’a surement jamais été jeune ni bu un coup.
– Quelle merde ces réseaux sociaux, c’était mieux avant, quand on pouvait faire ça tranquille.

Je suis peut-être une rabat-joie-qui-na-jamais-été-jeune-ni-bu-un-coup mais ces réactions me dérangent.

J’ai moi même été animatrice il y a bieeeeen longtemps et je ne vais pas nier que nous avions des bières dans notre local. Après tout, nous avions tous entre 16 et 23 ans et étions une bonne bande de copains. Mais il n’était pas question d’oublier pourquoi nous étions là: pendant ces 10 jours, nous avions la responsabilité d’animer et d’assurer la sécurité des enfants, à tout instant. Des responsabilités qui nous étaient rappelées à la fois par notre responsable et par la Fédération.  

Cela sous-entend qu’une partie de l’équipe reste toujours sobre (et si un enfant est malade durant la nuit et qu’il faut le conduire aux urgences?), que tous les animateurs doivent avoir un minimum d’heures de sommeil (pour tenir le coup le lendemain) et que tout le monde est debout lorsque les enfants le sont.

Je ne remets nullement en cause les mouvements de jeunesse, au contraire. C’est une école de vie extraordinaire, qui enrichit et marque à vie la plupart de ses membres. Les soucis et dérapages (qui sont beaucoup plus facilement relayés que les expériences réussies) ne doivent pas faire oublier tous les aspects positifs des mouvements de jeunesse.

Mais en tant qu’adultes, nous devons être attentifs aux messages que nous véhiculons. Non, le camp n’est pas un lieu de fête. Non, la consommation d’alcool chez les plus jeunes – en camp ou ailleurs – ne doit ni être banalisée ni valorisée. Il me semble essentiel de rappeler aux jeunes qui s’engagent comme animateurs de bien faire la distinction entre les délires entre copains (qui peuvent avoir lieu  après le camp ou à tout autre moment de l’année) et la responsabilité que représente la gestion d’un groupe d’enfants.

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